Cours de philosophie — TG

Paragraphe exploitant l'adaptation hédonique sur le sujet "Le plaisir suffit-il à être heureux ?"

Le plaisir ne semble pas être suffisant pour être heureux car nous avons une tendance naturelle à nous lasser de celui-ci. Nous rappelons que le bonheur, ce n’est pas seulement être satisfait pendant un bref moment, mais être globalement satisfait de sa vie. Or, comment pourrait-on prétendre être globalement satisfait de notre vie si chaque plaisir reçu, parfois aux prix de nombreux efforts, s’atténue, se dégrade, au point de laisser la place à un sentiment de lassitude et d’ennui ? La théorie de l’adaptation hédonique démontre que c’est ce qui se passe en chacun de nous : nous désirons quelque chose ; nous l’obtenons ; nous sommes satisfait, nous recevons du plaisir ; puis, progressivement, nous retrouvons un état mental neutre, comme si les plaisirs ne pouvaient que faire varier temporairement notre niveau habituel de satisfaction. Nous pouvons observer une confirmation de cette théorie dans de multiples expériences banales de la vie : nous nous lassons rapidement des cadeaux que nous recevons à Noël et que nous avions pourtant anticipé avec impatience ; nous ne faisons plus attention à la beauté de la maison que nous avons passé des années à construire et à améliorer ; nous sommes plus sensibles aux joies de la vie en commun avec les personnes que nous aimons. Ainsi, Schopenhauer semble avoir raison lorsqu’il décrit, dans Le monde comme Volonté et comme Représentationnotre vie comme une oscillation entre la souffrance et l’ennui : quand nous n’avons pas ce que nous désirons, nous souffrons ; quand nous l’obtenons, nous obtenons un plaisir si bref, que l’ennuie se substitue rapidement à lui, si bien que nous sommes comme les Danaïdes qui sont condamnées à remplir d’eau un tonneau troué. Chercher le bonheur dans le plaisir, c’est donc se condamner à mener une vie frustrante, où nous savons à l’avance qu’aucun plaisir ne durera suffisamment pour nous apporter le bonheur désiré.